Hébergement HDS pour les hôpitaux et cliniques : obligations, continuité et sécurité

Dossier patient informatisé, imagerie, biologie, bloc opératoire, pharmacie : le système d’information d’un établissement de santé porte la continuité des soins. Dès qu’une partie de ce système est confiée à un prestataire, l’hébergement des données de santé obéit à des règles précises, qui s’ajoutent aux obligations propres aux établissements. Ce guide s’adresse aux hôpitaux, cliniques et établissements médico-sociaux.

Quand l’hébergement HDS s’impose à un établissement

Un système d’information géré en propre

Un établissement qui héberge et exploite lui-même son système d’information, dans ses propres locaux et avec ses propres équipes, n’a pas besoin de la certification HDS. L’Agence du Numérique en Santé le rappelle : la certification concerne ceux qui hébergent pour le compte d’autrui.

Dès qu’un prestataire intervient

L’externalisation, même partielle, change la donne. Le prestataire doit être certifié HDS pour les activités qu’il exerce dans chacun de ces cas :

  • le dossier patient informatisé ou une application métier est hébergé dans le cloud ou chez l’éditeur (SaaS) ;
  • les serveurs de l’établissement sont installés dans le datacenter d’un tiers ;
  • un prestataire administre et exploite tout ou partie du système d’information ;
  • les sauvegardes sont externalisées ;
  • les archives, notamment d’imagerie, sont confiées à un tiers : depuis le décret n° 2026-209 du 24 mars 2026, l’archivage électronique fait partie de l’activité de sauvegarde externalisée.

Chaque maillon de la chaîne

Un même service peut faire intervenir plusieurs prestataires : un datacenter pour les locaux, un hébergeur pour l’infrastructure et l’exploitation, un éditeur pour l’application. Chacun doit être couvert par un certificat valide pour l’activité qu’il assure. Les six activités sont détaillées sur notre page Certification HDS.

Quelles données et quelles applications sont concernées ?

Toutes les données qui permettent d’identifier un patient et renseignent sur sa santé :

  • le dossier patient informatisé : antécédents, observations, diagnostics, prescriptions, comptes rendus, courriers ;
  • l’imagerie médicale : systèmes d’archivage et de communication d’images (PACS), radiologie, scanner, IRM ;
  • la biologie et l’anatomopathologie : résultats, comptes rendus ;
  • les applications métiers : urgences, bloc opératoire, anesthésie, pharmacie, réanimation, télémédecine ;
  • les données administratives liées aux soins : admissions, identités, facturation.

Les obligations propres aux établissements de santé

L’analyse d’impact (AIPD)

La CNIL a inscrit les traitements de données de santé mis en œuvre par les établissements de santé ou médico-sociaux pour la prise en charge des personnes dans sa liste des traitements soumis à une analyse d’impact obligatoire. Elle se mène avant la mise en œuvre d’un traitement, et l’hébergeur doit fournir les informations nécessaires sur sa partie.

Le délégué à la protection des données

Un établissement public de santé, comme tout organisme public, doit désigner un délégué à la protection des données (DPO). Un établissement privé doit le faire dès lors que son activité principale le conduit à traiter des données de santé à grande échelle, ce qui est le cas d’une clinique.

Le signalement des incidents de sécurité

Depuis le 1er octobre 2017, l’article L.1111-8-2 du Code de la santé publique impose aux établissements de santé de signaler sans délai à l’agence régionale de santé les incidents graves de sécurité de leurs systèmes d’information. L’obligation s’étend aux établissements médico-sociaux depuis le 18 novembre 2020. Le CERT Santé, rattaché à l’Agence du Numérique en Santé, appuie le traitement de ces incidents. Si l’incident touche des données personnelles, il doit aussi être notifié à la CNIL dans les 72 heures au titre du RGPD.

La conservation du dossier médical

En établissement de santé, le dossier médical est conservé au moins 20 ans à compter du dernier séjour ou de la dernière consultation externe (article R.1112-7 du Code de la santé publique). Si le patient était mineur et que ce délai s’achève avant son 28e anniversaire, le dossier est conservé jusqu’à cette date ; en cas de décès moins de 10 ans après le dernier passage, il est conservé 10 ans à compter du décès.

La directive NIS 2

La directive européenne NIS 2 range le secteur de la santé parmi les secteurs hautement critiques. Les établissements concernés par sa transposition française doivent renforcer la gestion de leurs risques cyber, sécuriser leur chaîne d’approvisionnement, donc leurs prestataires, et signaler leurs incidents importants.

Continuité des soins : ce qu’il faut exiger d’un hébergeur

La certification HDS fixe un socle de sécurité. Pour un établissement de santé, la continuité des soins demande des engagements chiffrés, à inscrire au contrat.

Disponibilité et reprise d’activité

Exigez un taux de disponibilité garanti (SLA), un délai de remise en service (RTO) et une perte de données maximale (RPO) écrits dans le contrat, ainsi qu’un plan de reprise d’activité testé régulièrement. Une infrastructure répartie sur plusieurs sites distants évite qu’un incident local emporte à la fois les données et leurs copies.

Des sauvegardes qui résistent aux rançongiciels

Un rançongiciel cherche d’abord à chiffrer les sauvegardes. Des copies hors ligne, inaccessibles depuis le réseau, permettent de restaurer le système d’information sans dépendre de l’attaquant. Vérifiez la fréquence des sauvegardes, leur durée de conservation et les tests de restauration.

Supervision et traçabilité

L’hébergeur doit superviser l’infrastructure en continu, tracer les accès et les opérations d’administration, et vous fournir ces traces en cas d’audit ou d’incident. Pour aller plus loin, une surveillance de sécurité 24/7 par un centre opérationnel de sécurité (SOC) détecte les attaques et organise la réponse : chez Guardis, c’est notre SOC managé, en option.

Réversibilité

À la fin du contrat, ou si l’hébergeur perd sa certification, vous devez récupérer l’intégralité de vos données dans un format exploitable. Le Code de la santé publique impose cette clause dans le contrat d’hébergement.

Comment vérifier un hébergeur

  1. La certification : présence dans la liste officielle des hébergeurs certifiés publiée par l’Agence du Numérique en Santé, référentiel v2.0, activités couvertes adaptées au service.
  2. La localisation : stockage des données dans l’Union européenne, comme l’exige le Code de la santé publique (article R.1111-9-1).
  3. Le contrat : contrat d’hébergement conforme à l’article R.1111-11 et contrat de sous-traitance RGPD, avec les engagements de disponibilité et de reprise.
  4. La transparence : la page publique sur les éventuels transferts de données hors de l’Union européenne, exigée par le référentiel v2.0.

Le détail des textes est sur notre page cadre légal de l’hébergement des données de santé.

Guardis pour les établissements de santé

Guardis, marque de MUONA SAS, est hébergeur certifié HDS v2.0 pour les activités 2 à 6 (certificat CertiTRUST n° CT-HDS-082025-0CU01876) et certifié ISO/IEC 27001:2022. Nos engagements sont publiés :

EngagementValeur
Disponibilité garantie (SLA)99,95 %
Délai de remise en service (RTO)4 h
Perte de données maximale (RPO)24 h
Infrastructure6 zones de disponibilité, 3 régions distantes de plus de 400 km, en France
Sauvegardescopies hors ligne (air gap) et sur bande

Nous hébergeons et exploitons serveurs, applications et sauvegardes, et nous faisons tourner les traitements d’intelligence artificielle sur nos propres GPU, en France, sans que les données de santé quittent le périmètre certifié. Voir notre IA sécurisée.

Votre besoinOffre GuardisTarif
Une clinique ou un cabinet : hébergement multipostes, accompagnement à la mise en conformité, support dédiéHébergement HDS Cabinet médicalà partir de 299 € HT/mois
Héberger une application ou des données de santéHébergement HDS Essentielà partir de 149 € HT/mois
Une surveillance de sécurité 24/7 avec détection et réponse, en optionSOC Managé Essentielà partir de 590 € HT/mois
Un système d’information hospitalier completconfiguration sur mesuresur devis

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Questions fréquentes

Un hôpital doit-il être certifié HDS ?

Non, s’il héberge et exploite lui-même son système d’information. Dès qu’il confie une partie de l’hébergement, de l’exploitation ou des sauvegardes à un prestataire, ce prestataire doit être certifié HDS.

Une clinique doit-elle passer par un hébergeur certifié ?

Oui, dès que ses données de santé sont hébergées ou exploitées par un tiers : logiciel en ligne, serveurs dans un datacenter externe, sauvegardes ou archives externalisées.

L’imagerie médicale (PACS) doit-elle être hébergée en HDS ?

Oui, si son hébergement ou son archivage est confié à un tiers. Les images médicales sont des données de santé, et l’archivage électronique fait partie de l’activité de sauvegarde externalisée de la certification HDS.

Une analyse d’impact est-elle obligatoire pour un établissement de santé ?

Oui. La CNIL a inscrit les traitements de données de santé mis en œuvre par les établissements de santé ou médico-sociaux pour la prise en charge des personnes dans la liste des traitements soumis à une analyse d’impact obligatoire.

Que faire en cas de cyberattaque ?

Signalez sans délai l’incident grave à l’agence régionale de santé, qui s’appuie sur le CERT Santé, notifiez la CNIL dans les 72 heures si des données personnelles sont touchées, et déclenchez avec votre hébergeur la restauration à partir des sauvegardes hors ligne.

Combien de temps conserver le dossier médical à l’hôpital ?

Au moins 20 ans à compter du dernier séjour ou de la dernière consultation externe, avec des règles particulières pour les patients mineurs et en cas de décès.

Peut-on héberger les données d’un établissement hors de France ?

Dans un autre État de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen, oui. Le stockage hors de l’Union européenne est exclu par le Code de la santé publique.

Quelle disponibilité exiger d’un hébergeur pour un hôpital ?

Un taux de disponibilité, un délai de remise en service et une perte de données maximale inscrits au contrat, avec un plan de reprise testé. Chez Guardis : 99,95 %, 4 h et 24 h.