Hébergement données de santé : cadre légal

L’hébergement des données de santé en France est strictement encadré par le Code de la Santé Publique, le RGPD et les exigences de l’Agence du Numérique en Santé (ANS). Toute organisation manipulant des données médicales identifiables doit respecter un ensemble d’obligations légales visant à garantir la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité de ces informations sensibles. Ce guide détaille les règles essentielles pour être conforme.

 

Pourquoi les données de santé sont-elles si fortement protégées ?

Les données de santé sont considérées par le RGPD comme des données sensibles, soumises à des règles de protection renforcées.
Elles regroupent toutes les informations permettant d’identifier une personne et d’établir un lien avec son état de santé, ses traitements, son diagnostic ou ses habitudes de soins.

 

Exemples de données entrant dans le champ légal

  • Historique médical et dossiers patients

  • Résultats d’examens, imagerie, biologie

  • Prescriptions, diagnostics, pathologies

  • Données de télésanté, télésurveillance, objets connectés

  • Informations administratives liées à la prise en charge

  • Données issues d’applications santé ou de plateformes SaaS médicales

 

Parce qu’elles touchent à la vie privée la plus intime, leur hébergement est strictement réglementé.

 


 

Les obligations légales imposées par le Code de la Santé Publique

Le cadre principal repose sur les articles L.1111-8 et R.1111-9 du Code de la Santé Publique.

 

Une obligation claire : passer par un hébergeur certifié HDS

Toute personne physique ou morale hébergeant des données de santé pour le compte d’autrui doit recourir à :

  • un hébergeur certifié HDS,

  • audité et agréé selon le référentiel de l’ANS.

 

Cette obligation concerne :

  • établissements de santé,

  • cabinets médicaux,

  • éditeurs de logiciels santé,

  • SaaS manipulant des données médicales,

  • plateformes de rendez-vous ou téléconsultation,

  • solutions de télésurveillance,

  • prestataires techniques (infogérance, sauvegarde, monitoring…).

 

Le non-respect de cette obligation peut engager la responsabilité juridique de l’entreprise.

 


 

Le RGPD et les données de santé

Le RGPD renforce le cadre légal avec des obligations spécifiques.

 

Le RGPD impose notamment :

  • un traitement fondé sur une base légale valide (soins, intérêt public, consentement…),

  • un délégué à la protection des données (DPO) pour la majorité des acteurs,

  • la minimisation des données collectées,

  • le chiffrement systématique des données,

  • une documentation complète du traitement,

  • une sécurité adaptée aux risques (article 32),

  • une traçabilité des accès,

  • une gestion stricte des sous-traitants (article 28).

 

Le cloud souverain et l’hébergement HDS permettent de répondre efficacement à ces obligations.

 


 

Les exigences de l’ANS (Agence du Numérique en Santé)

L’ANS impose un référentiel strict pour certifier les hébergeurs HDS.

 

6 rôles, 6 ensembles d’obligations

Le référentiel couvre :

  1. infrastructures physiques

  2. infrastructures virtuelles

  3. hébergement applicatif

  4. administration et exploitation

  5. sauvegardes et PRA

  6. infogérance applicative et BDD

 

Chaque rôle nécessite :

  • des procédures documentées,

  • un contrôle d’accès strict,

  • des mécanismes anti-ransomware,

  • une supervision continue,

  • une analyse de risque EBIOS,

  • des audits réguliers.

 


 

Les exigences de sécurité pour l’hébergement de données de santé

Le cadre légal impose un niveau très élevé de sécurité technique et opérationnelle.

 

Exigences techniques principales

  • Chiffrement des données au repos et en transit

  • Segmentation réseau et cloisonnement fort

  • Sauvegardes immuables ou hors ligne

  • Systèmes durcis (CIS, ANSSI)

  • Journalisation exhaustive

  • Supervision SOC/SIEM 24/7

  • Politique de patching et mises à jour contrôlées

  • Redondance multi-datacenters en France

 

Exigences organisationnelles

  • gouvernance documentée,

  • gestion formelle des habilitations,

  • sensibilisation du personnel,

  • procédures d’incident,

  • politique de continuité (PCA, PRA),

  • revue de sécurité régulière.

 

Un hébergeur certifié HDS est audité annuellement pour garantir le respect permanent de ces exigences.

 


 

Peut-on héberger des données de santé hors de France ?

En théorie : oui, sous conditions extrêmement strictes.
En pratique : le plus souvent non, pour trois raisons majeures :

 

1. Risques juridiques liés au Cloud Act

Toute entreprise dépendante d’un fournisseur américain (ou de sa filiale) devient exposée à des demandes d’accès par les autorités étrangères.

 

2. Difficulté de maîtriser la localisation réelle des données

Les hyperscalers répliquent souvent les données sur plusieurs régions.

 

3. Conformité HDS souvent impossible à démontrer

Cela rend l’hébergement à l’étranger incompatible avec les obligations françaises.

Conclusion : l’hébergement HDS doit être souverain et basé en France.

 


 

Responsabilités des différents acteurs

Le responsable de traitement (établissement, SaaS…)

Il doit s’assurer :

  • que l’hébergeur est certifié HDS,

  • que les contrats et clauses RGPD sont conformes,

  • que le traitement est documenté,

  • que les droits des patients sont respectés.

 

L’hébergeur HDS

Il doit garantir :

  • l’intégrité et la disponibilité des données,

  • la sécurité technique de l’environnement,

  • la confidentialité,

  • la traçabilité,

  • la conformité structurelle,

  • l’auditabilité.

 

Les sous-traitants techniques

Ils doivent toujours être sous contrat et également conformes HDS.

Le cadre légal de l’hébergement des données de santé repose sur une exigence majeure : assurer une protection maximale de l’information médicale. Entre le Code de la Santé Publique, le RGPD et le référentiel HDS, la réglementation impose une approche souveraine, sécurisée et auditable. Pour toute organisation manipulant des données de santé identifiables, l’hébergement HDS n’est pas une option mais une obligation légale structurante.