Qui doit utiliser un hébergeur HDS ?

L’hébergement HDS (Hébergeur de Données de Santé) est obligatoire pour toute organisation manipulant, stockant ou traitant des données de santé à caractère personnel. Cette obligation concerne bien plus que les hôpitaux : cabinets médicaux, laboratoires, éditeurs de logiciels, plateformes SaaS santé, entreprises technologiques, établissements médico-sociaux, et même certains prestataires techniques sont soumis au référentiel HDS. Voici un guide clair pour comprendre si votre activité est concernée.

 

Les données de santé : une catégorie protégée par la loi

Les données de santé sont classifiées parmi les données les plus sensibles par le RGPD.
Elles regroupent toutes les informations permettant d’identifier une personne et de déduire son état de santé, son diagnostic, son traitement ou son historique médical.

 

Exemples de données concernées

  • Dossiers médicaux et DMP

  • Résultats d’imagerie, analyses, biologie

  • Diagnostics, prescriptions, comptes rendus

  • Données de suivi, télémédecine, télésurveillance

  • Données issues d’applications santé (SaaS, mobile, web)

  • Informations administratives liées aux soins (facturation, gestion patient)

 

Toute entité manipulant ces données doit utiliser un hébergeur certifié HDS.

 


 

Les organisations obligatoirement concernées par l’hébergement HDS

Contrairement aux idées reçues, l’hébergement HDS ne concerne pas uniquement les hôpitaux.
Le champ d’application est large et inclut toute entreprise ou prestataire stockant ou traitant des données de santé.

Voici la liste exhaustive des acteurs concernés :

1. Établissements de santé

Les structures de soins sont évidemment directement concernées :

  • Hôpitaux publics et privés

  • Cliniques

  • Centres de santé

  • Plateformes hospitalières

  • Centres médico-psychologiques

  • EHPAD / structures médico-sociales

  • Laboratoires d’analyse et d’imagerie

 

Toute application interne ou externe traitant des données patient doit être hébergée en HDS.

 

2. Cabinets médicaux et paramédicaux

Même un petit cabinet est soumis à l’obligation si :

  • il stocke des dossiers patients,

  • utilise un logiciel de gestion médicale,

  • échange des données avec un tiers,

  • réalise de la téléconsultation.

 

Professions concernées : médecins, généralistes, spécialistes, infirmiers, kinés, sages-femmes, psychologues, ostéopathes, etc.

 

3. Éditeurs de logiciels et plateformes SaaS santé

Cette catégorie est la plus souvent oubliée, alors qu’elle est obligatoirement concernée dès qu’une application traite des données médicales.

Exemples :

  • Logiciels médicaux en SaaS

  • Plateformes de rendez-vous patients

  • Dossiers patients informatisés (DPI)

  • Solutions de télémédecine / télésurveillance

  • Portails patient

  • Plateformes de partage d’imagerie

  • Applications mobiles santé (IOS/Android)

 

Si votre logiciel traite des données personnelles de santé, l’hébergement HDS est obligatoire.

 

4. Startups et entreprises tech manipulant des données sensibles

Beaucoup de startups ne savent pas qu’elles doivent être hébergées en HDS.

Vous êtes concerné si votre produit traite :

  • des données biométriques,

  • des données physiologiques (capteurs, wearables),

  • des données de suivi patient,

  • des signaux de santé (ECG, SPO2, monitoring),

  • des résultats d’analyse automatisée (IA médicale).

 

Même un POC (proof of concept) peut être concerné.

 

5. Entreprises hébergeant des données santé sans être dans le secteur médical

Certaines entreprises ne sont pas “dans la santé” mais utilisent des données médicales :
assurance, assistances, services RH, mutuelles, prévoyance…

Dès que l’entreprise manipule :

  • arrêts maladie,

  • données d’accidents du travail,

  • informations de diagnostic,

  • justificatifs médicaux → HDS obligatoire.

 

6. Prestataires techniques et sous-traitants

C’est souvent une zone grise, mais la loi est claire :
tout prestataire ayant accès à des données de santé DOIT être HDS.

Cela inclut :

  • sous-traitants techniques,

  • entreprises d’infogérance,

  • hébergeurs non HDS,

  • freelances tech manipulant les environnements,

  • services de sauvegarde, monitoring, automatisation…

 

Si le prestataire peut voir, transférer, sauvegarder ou administrer des données médicales identifiables, il doit être soumis à l’HDS.

 


 

Cas où l’hébergement HDS n’est pas obligatoire

Il existe quelques exceptions, mais elles sont strictes.

 

Les cas exclus

  • Données complètement anonymisées

  • Données statistiques impossibles à rattacher à un individu

  • Données simulées (environnements de test)

  • Outils ne stockant aucune donnée personnelle (tracking non médical, anonymisé)

 

Attention : un simple chiffrement n’est pas une anonymisation.
Si le fournisseur peut techniquement déchiffrer, l’HDS s’applique.

L’hébergement HDS concerne un large spectre d’entreprises dès lors que leurs systèmes manipulent des données de santé identifiables. Cette obligation légale vise à garantir la confidentialité, la traçabilité et la sécurité des informations médicales, qui figurent parmi les données les plus sensibles.
Pour les éditeurs SaaS, startups santé, cabinets et prestataires techniques, choisir un hébergeur certifié HDS est non seulement une question de conformité, mais aussi de confiance et de sécurité opérationnelle.